Cet article a été précédemment publié sur mon ancien site. Je le remets donc ici pour ceux qui ne l’auraient pas lu !


Ce mois-ci a été l’occasion d’avancer un peu ma pile en cours et même de cocher l’une de ses cases, tout en poursuivant ma découverte des romans de Vargas. Des livres assez épais, dans l’ensemble, à ajouter à un mois assez chargé côté projets (puisque c’est le mois de février qui m’a permis de donner naissance à ce nouveau site !) mais de belles découvertes.

James S.A. Corey – The Expanse, T2 : La Guerre de Caliban

Ce mois-ci, j’ai décidé de continuer la lecture de The Expanse. J’ai déjà parlé à plusieurs reprises de cette œuvre de science-fiction qui m’a marquée à bien des égards, le livre au même titre que la série, qui reste à l’heure actuelle l’une de mes préférées.

En ce qui concerne La Guerre de Caliban, la déception majeure que j’avais éprouvée face au tome 1, à savoir l’absence de mon personnage préféré, Krisjen Avasarala, est enfin résolue puisqu’on la retrouve dès les premières pages du roman, aussi délicieusement tordue que dans la série avec son mélange de finesse politique et de brutalité de propos, pendant idéal au sergent Bobbie Draper qui en est presque l’opposé et avec qui elle forme l’un des duos les plus marquants que je connaisse. Leur relation plus développée que dans l’adaptation est vraiment un régal à découvrir, ainsi que les différences de points de vue qui les caractérisent.

On y redécouvre aussi un James Holden marqué par l’expérience sur Eros au point d’adopter le comportement qu’il réprouvait chez Miller, ce qui provoque des tensions dans l’équipage, et une menace plus diffuse que dans le tome 1 mais néanmoins bel et bien présente, avec cette humanité qui se débat pour la première fois avec une intelligence supérieure à la sienne, qu’elle ne peut ni comprendre ni appréhender et que certains essaient malgré tout, contre toute logique, de mettre à leur service.

En somme ce roman pourrait être résumé par cette idée fondamentale, qu’un dialogue entre Avasarala et Bobbie expose : vaut-il mieux se battre contre un ennemi connu, au risque de perdre ensuite contre l’inconnu, ou combattre tous ensemble l’inconnu, au risque de perdre tous ?

Adam-Troy Castro, Andrea Cort, T.3 – La Guerre des Marionnettes

Comme vous l’aurez compris, ce début de mois a été l’occasion de réduire un petit peu ma pile en cours, dont la série Andrea Cort faisait partie.

Si j’ai autant apprécié cette série, au départ, c’était à cause du personnage principal, incroyablement fort et en même temps odieux avec tout le monde. J’ai tendance à m’attacher rapidement à des personnages comme ça, l’effet anti-héros fonctionne très bien pour moi. Le problème, c’est que ce trait de l’héroïne a tendance à s’atténuer au fil de la série, même si on en retrouve encore quelques traces ça et là, et en même temps on ne peut pas vraiment le reprocher à l’auteur puisque le caractère d’Andrea Cort est directement lié à sa solitude et qu’elle est de moins en moins seule, ses aventures dans l’espace étant à la fois des énigmes haletantes et un apprentissage de la relation aux autres, à l’inhabituel, à l’étrange.

La progression de ce personnage va donc dans le sens de l’histoire et en même temps, je regrette un peu la Andrea Cort du tome 1 et son absence de scrupules…

Fred Vargas, Quand sort la recluse

Je continue ma découverte de la bibliographie de Fred Vargas avec ce titre qui est (en tout cas dans ma tête) l’un des plus connus. Il a d’ailleurs été adapté en téléfilm il y a quelques années. On y retrouve le commissaire Adamsberg persuadé que la mort de trois vieillards par morsure d’araignée recluse cache une série de meurtres. Arachnophobes, passez votre chemin, l’idée est assez dérangeante comme ça !

Les dialogues savoureux et les personnages très caractérisés qui sont la marque de fabrique de Vargas seront présents et cette lecture toujours aussi agréable s’enfile d’un trait comme un bon chocolat chaud mais… Deviendrais-je plus exigeante avec les policiers ? Je ne suis pas entièrement satisfaite de cette intrigue et surtout de la tendance, peut-être un peu facile, aux coïncidences conduisant à des pistes parfois tirées par les cheveux, mais qui s’avèrent un peu trop souvent être judicieuse.

Notre cher Adamsberg au passé mouvementé parvient fréquemment dans les romans de Vargas à relier ses histoires d’enfance aux meurtres en cours, et avec succès, et, ce que je tolère facilement dans un roman me paraît soudain facile quand cela apparaît dans un autre. Mais je ne suis pas une grande lectrice de policiers, c’est donc quelque peu anecdotique pour moi et cela n’empêche pas la lecture de ce roman d’être un véritable plaisir.

Ellen Kushner, Le privilège de l’épée

Ce sera le seul roman ce mois-ci qui est une découverte totale pour moi en terme d’auteur. Je n’avais encore jamais lu Ellen Kushner et je n’avais pas particulièrement d’attentes. Ce roman, classé en fantasy, ne fera pas usage de magie, ce qui n’est pas forcément dérangeant, et montre même pas mal d’originalité en se basant plutôt sur des inspirations de cape et d’épée du genre Les trois mousquetaires. On y découvre une société extrêmement genrée avec beaucoup de règles qui la régissent, et une héroïne formée à devenir une bretteuse, qui mettra son épée au service de causes qu’elle estime justes. L’univers du roman paraît dense, bien qu’on en aie qu’un aperçu, et les romans et pièces de théâtre citées dans l’œuvre jouent un rôle véritable dans l’histoire, en renforcent aussi la crédibilité.

Malgré tout, j’ai quelques reproches à faire à ce roman dont la fin arrive beaucoup trop abruptement et la résolution me paraît mal amenée, ainsi que quelques défauts de style d’écriture qui m’ont un peu sortie de ma lecture à certains moments, même si j’ignore si je dois les imputer à l’autrice ou à la traduction. Dans tous les cas, cela reste une lecture originale et agréable.

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