Comme je l’avais annoncé dans ma critique récente des saisons 1 et 2, j’avais prévu de me jeter sur la saison 3 de The Witcher dès sa sortie. Je n’avais évidemment pas prévu qu’elle serait scindée en deux parties et qu’il faudrait attendre un mois après les 5 premiers épisodes pour avoir la suite, mais on n’est pas à un détail près. Alors, qu’en est-il de cette première partie, vaut-elle toujours le coup, corrige-t-elle les défauts des premières saisons ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Image de la série The Witcher, saison 3

Le trio enfin réuni

Ce début de saison centre son intrigue sur Ciri, désormais recherchée par tout le continent pour des motifs divers et variés. Geralt et Yennefer l’accompagnent dans sa fuite et tentent de lui apprendre à maîtriser ses pouvoirs mais, n’y arrivant pas, décident de l’emmener à Aretuza pour qu’elle dispose d’un meilleur enseignement. Bien plus politique que les saisons précédentes, cette saison 3 fera la part belle aux intrigues des magiciens et des rois, ce qui force notre tueur de monstres préféré à mettre de côté son épée pour faire dans la subtilité. Geralt se trouve ainsi plutôt en retrait tout au long de ce début de saison, jouant le side-kick pour Yennefer qui passe son temps à lui demander de ne pas foncer dans le tas.

Prenez-moi pour une sentimentale, mais j’étais heureuse de voir que le trio Geralt, Yennefer et Ciri soit enfin vraiment réuni, malheureusement le fait que Ciri ne soit plus tout le temps en train de fuir et qu’elle prenne beaucoup plus de place à l’écran souligne les défauts d’écriture de son personnage. Elle est lourde, obtuse et s’exprime d’une façon guindée que j’ai essayé de mettre sur le compte de son éducation royale mais qui ne colle pas avec ce qu’on sait d’elle. Néanmoins, elle sera au centre de la seule scène vraiment innovante de ces cinq épisodes, lorsqu’avec Jaskier elle espionne Geralt et Yennefer et s’amuse à inventer ce qu’ils disent. Une scène à la fois drôle et touchante dans laquelle j’ai eu l’impression de retrouver les personnages que je connais.

Mais dans l’ensemble, la série commet l’erreur de passer un temps infini sur des personnages secondaires, ce qu’elle faisait déjà dans les saisons précédentes mais qui passait un peu plus inaperçu parce que ce qu’ils faisaient était intéressant alors que dans cette saison-ci on voit Fringilla passer son temps devant des verres d’alcool, Cahir lécher les bottes de l’empereur, Francesca traquer Ciri, Sigismond et Philippa intriguer pour traquer Ciri, les magiciens réfléchir à ce qu’il faut faire de Ciri… Bref, des scènes qui pourraient durer dix secondes mais qui s’éternisent.

pas de prise de risques

Contrairement à la saison 1, qui jonglait entre les temporalités dans un exercice particulièrement périlleux, celle-ci reste particulièrement linéaire, mis à part un épisode 5 monté de façon plutôt déroutante – je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler mais j’en ai tiré une impression de longueur infinie alors qu’il ne fait que 50 minutes. En terme de choix de réalisation, on évite le soleil dans la caméra cette fois mais aucun plan ne m’a non plus fait m’extasier, comme je le disais, aucune prise de risque et donc peu de surprises. Le budget effets spéciaux a été augmenté, à ce qu’il semblerait, mais j’ai littéralement éclaté de rire à la première scène de combat quand j’ai découvert que l’épée de Geralt tranchait des têtes à 50 bons centimètres de ses ennemis, un problème de chorégraphie qui heureusement ne prendra pas trop d’importance puisque les scènes de combat sont réduites au strict minimum dans les cinq épisode, mis à part une grande bataille vers le milieu où Geralt et son épée « magique » seront rapidement écartés pour faire autre chose.

Et puis il y a les incohérences. J’ai réussi à faire abstraction dans les premières saisons de la série, mais la magie est traitée avec les pieds, contredit ses propres lois presque à chaque fois qu’elle est utilisée, jusqu’à atteindre le point de non-retour dans l’incohérence au début de cette saison 3. A son arrivée à Aretuza, l’une des premières leçons de Yennefer était que la magie avait toujours une source, ce que Tissaia leur prouvait en faisant léviter une pierre à l’aide de l’énergie prélevée dans une fleur. La novice qui faisait léviter le caillou sans prendre l’énergie dans la fleur se retrouvait alors avec la main nécrosée, scène particulièrement marquante. Et bien, attention, changement de règles ! Dans la saison 3, Yennefer apprend à Ciri à faire léviter un rocher de trois fois sa taille, avec la même formule, mais avec l’énergie tirée des larmes des scénaristes, je suppose.

Finalement, qu’en penser ?

Comme vous l’aurez peut-être deviné, je suis pas mal déçue par le début de cette saison 3. Ma conclusion des saisons précédentes était plus ou moins « heureusement qu’il y a du rythme » et j’étais contente des quelques prises de risques qu’avait tenté la série, malgré ses nombreux défauts. Mais cette fois, je reste sur ma faim. J’ai l’impression que la série trahit de plus en plus l’œuvre d’origine à mesure qu’elle avance, qu’elle essaie de se tirer vers une direction que l’œuvre d’origine n’avait pas pour se glisser dans le créneau laissé par Game of Thrones, je ne suis toujours pas satisfaite du traitement des personnages et en plus maintenant Ciri m’agace. Je ne dirais pas que ça a été un calvaire de la regarder et, comme j’ai déjà laissé trop de séries en suspens, je vais la finir, mais il va falloir résoudre beaucoup de problèmes avant que je puisse la considérer comme réussie.

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce début de saison 3 ? Est-ce que vous avez hâte de voir la suite ?

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